Des interrogations sur le fonctionnement
Le premier sujet d'étonnement concerne la ponctualité et l’assiduité de l’équipe majoritaire. L’absentéisme s'installe déjà de manière factuelle lors des séances officielles. Le Premier adjoint manquait à l'appel dès le conseil d'installation. Plus extraordinaire encore : lors du deuxième conseil municipal du 27 avril, crucial puisqu'il actait le vote du budget annuel, manquaient simultanément à l’appel Madame la Maire, les 2 premiers adjoints et 2 conseillers de la majorité !
L’ironie de la situation mérite d’être soulignée avec force : si les 3 élus de la minorité que nous sommes avaient décidé d'appliquer la politique de la chaise vide ce jour-là, le quorum légal n’aurait pas été atteint. Le budget de la commune n’aurait pas pu être voté dans les délais légaux. Notre sens des responsabilités a sauvé la séance, permettant la continuité du service public malgré la désertion des rangs de la majorité.
Cette fâcheuse tendance s'est confirmée lors du dernier conseil du 25 juin : une adjointe et deux autres conseillers de la majorité manquaient encore à l'appel. Si j'étais moi-même excusée lors de cette séance dont je n'ai pas choisi la date, il convient de rappeler une différence de taille : Tout comme mes colistiers, je siège de manière totalement bénévole au sein de la minorité. Si des impératifs professionnels peuvent justifier une absence ponctuelle pour chacun d'entre nous, la répétition de ces chaises vides a de quoi surprendre. Surtout lorsqu'elle vient d'élus réélus qui ont fait campagne en revendiquant leur "expérience". Les absences dans les rangs de l'exécutif interrogent d'une tout autre manière lorsque l'on sait que la fonction d'adjoint est, elle, adossée à une indemnité.
Ce qui nous amène à notre autre sujet d'étonnement, d'ordre financier : les indemnités des élus ont été très rapidement validées (2 289,56 € pour la Maire, 755,51 € pour les Adjoints, et 246,63 € pour les Conseillers délégués). Pourtant, 6 mois après l’élection, les délégations officielles n'ont toujours pas été votées en conseil municipal ! Comment peut-on indemniser des fonctions de conseillers délégués alors que leurs délégations n'existent pas encore juridiquement ?
Le plus surprenant reste l'opacité et les irrégularités autour de notre représentation intercommunale à Versailles Grand Parc (VGP). La désignation de représentants dans des organismes extérieurs impose obligatoirement un vote en Conseil municipal. Or, en l'absence de ce vote, nous découvrons avec stupeur que les nominations ont déjà été décidées et publiées en catimini.
En consultant le site internet de la Mairie le 20 septembre 2026, on découvre d'autorité que certains conseillers de la majorité y sont inscrits comme membres titulaires ou suppléants. Par exemple, M. Frédéric Fifer y apparaît comme titulaire pour les commissions "Développement économique et Énergies" et "Culture et Tourisme", M. Julien Thiery comme titulaire à l'"Agriculture", et Mme Nathalie Ribeiro Monteiro à l'"accessibilité".
Capture d'écran du site de la Mairie de Toussus-le-Noble réalisée le 20 septembre 2026 :
Cette méthode, consistant à remplacer une délibération démocratique par une simple mise à jour de page web, est non seulement anti-démocratique, mais elle engendre des situations administratives absurdes.
Le flou artistique local s'exporte en effet à l'intercommunalité. Si l'on consulte l'annuaire officiel des instances sur le site de Versailles Grand Parc à la même date (20 septembre 2026), les informations se contredisent totalement avec celles de la Mairie :
M. Pierre Lancina (1er adjoint) et Mme Brugny (4ème adjointe) n'apparaissent purement et simplement pas dans les résultats de l'agglomération.
M. Frédéric Fifer y est étonnamment propulsé avec le titre officiel d'« Adjoint au Maire » !
Capture d'écran du site officiel de Versailles Grand Parc réalisée le 20 septembre 2026 :
S'agit-il d'un simple bug informatique, d'une anticipation hasardeuse ou d'un sérieux manque de rigueur dans la transmission des nominations institutionnelles ? Difficile à dire. Ce qui est certain, c'est que la transparence et le respect des procédures démocratiques sont, pour le moment, les grands absents de ce début de mandat.
Sandra Karadjian Beau